Compte tenu du profil de la population diabétique, la prise en charge du sujet âgé nécessite un certain nombre de règles. La première tient compte de l’évolution de sa composition corporelle et du phénomène de sarcopénie.

Le Pr Y. Boirie, nous explique que l’évolution dynamique de la masse musculaire au cours de la vie est similaire à l’ostéoporose. Trois périodes sont à considérer.De la naissance à 18-20 ans avec une augmentation de la masse musculaire pour atteindre un plateau puis une décroissance à partir de 40-50 ans d’environ 1.5%/an (à partir de 50 ans), perte assez hétérogène. Cette perte de masse musculaire apparait également au décours de maladie comme la BPCO, les cancers et autres maladies cachectisantes.

Dans le cadre du diabète, le risque de sarcopénie est accrue avec une altération musculaire, une altération de la force de préhension et d’extension et une altération de la performance (vitesse de marche sur 4 m, marqueur solide de la mortalité chez le sujet âgès si <0.8m/s).

La prévalence est importante 10% chez les <70 ans et de 11% à 50% chez les sujets >80 ans. Le risque accrue de sarcopénie est également augmenté par les neuropathies, néphropathies et artériopathies avec une augmentation du risque de chute.

La fonction musculaire repose sur trois grandes composantes:

  • La commande nerveuse
  • Le débit sanguin
  • le métabolisme

Toute altération nerveuse, métabolique et micro-angiopathique aura un impact.

L’insulinorésistance va jouer un rôle péjoratif. Elle est associée à une résistance anabolique musculaire. L’hyperglycémie perturbe la régénération musculaire.

On se retrouve dans un cercle vicieux: perte musculaire liée au diabète et aux co-morbidités, une réduction de la mobilité, une diminution de la dépense énergétique, un bilan énergétique positif (plus d’entrée que de sortie), un accroissement de l’adiposité centrale et musculaire (ectopique) avec pour conséquence, une insulinorésistance et un syndrome inflammatoire qui agit sur la sarcopénie.

Les recommandations nutritionnelles chez le sujet âgés reposent sur une complémentation en protéines de l’ordre de:

  • 1 à 1.2g/kg/j
  • Si maladie aigüe ou chronique: 1.2 à 1.5g/kg/j
  • Si insuffisance rénale: apport protéique limité

Au final, le dépistage de la sarcopénie doit être systématique pas des tests simples. L’insulinorésitance et la lipotoxicité (au niveau musculaire) contribuent à son développement. Parmi les solutions, il faut considérer, entre autres, la place importante de l’activité physique adapté (promouvoir la mobilité) et/ou l’introduction d’une insulinothérapie précoce pour ses vertus anabolisantes et une perte pondérale modérée. A cela s’ajoute la complémentation protéique qualitative et quantitative.

Le Pr B. Bauduceau nous rappelle que nombre de questions restent à préciser concernant le sujet âgé.

  • Quel est l’objectif glycémique à atteindre sachant que de nombreux paramètres sont à prendre en compte ?
  • Quel sont les risques d’hypoglycémies ? Plus élevé responsables notamment de chutes
  • Comment reconnaitre la fragilité et sa signification ? La nécessité d’une évaluation gérontologique standardisée (échelle SEGA)
  • Quelles sont les relations entre complications gérontologiques et diabétiques ? Très nombreuses
  • Quelles est l”importance des troubles cognitifs ? majoration des complications gériatriques

Ainsi l’étude de cohorte GERODIAB a été lancée en 2008 pour répondre à la question du lien entre équilibre glycémique et la mortalité à 5 ans chez les patients DT2 > 70 ans.

En voici les résultats…

JS