Vaccination contre le papillomavirus humains: A qui le tour ?

Une session très intéressante qui nous permet de faire un point sur la vaccination contre les infections aux papillomavirus humains (HPV). Autant vous le dire tout de suite, la situation de la France en terme de couverture vaccinale est misérable (24%) comparativement à d’autres pays comme le Royaume-Uni ou bien le Portugal (>80%). Une des raisons pouvant expliquer cette situation repose sur la stratégie que chaque pays à déployer pour vacciner. Aux UK, le programme de vaccination s’est déroulé en milieu scolaire ce qui peut expliquer un tel succès sachant que le Portugal n’a pas suivi la même stratégie.

La mise à disposition du Gardasil 9 a permis d’améliorer significativement l’efficacité de la vaccination dans la population cible à savoir les jeunes filles de 11 à 14 ans. Un rattrapage est possible jusqu’à 19 ans.

L’impact épidémiologique de la vaccination commence à être visible. Cependant, cela prendra plusieurs années avant de pouvoir visualiser l’impact sur l’incidence des cancers (>20 ans). En effet, le développement d’un cancer est un processus très long et c’est la persistance de certaines lésions précancéreuses (< 10% des femmes HPV+) qui peut conduire à l’apparition après 10 ou 20 ans d’un cancer.

Globalement, les infections à Papillomavirus humains (HPV) sont très fréquentes et se transmettent lors des contacts sexuels. Environ 8 femmes sur 10 sont exposées à ces virus au cours de leur vie. Dans 60% des cas, l’infection a lieu au début de la vie sexuelle. Les infections par les HPV sont le plus souvent sans aucun symptôme. Dans la plupart des cas, le virus s’élimine naturellement en un à deux ans et l’infection n’a aucune conséquence sur la santé. (Vac. Info Service.fr).

Dans ce contexte, plusieurs questions se posent pour élargir la couverture vaccinale et espérer éradiquer ces infections aux HPV.

·         Devons-nous élargir la vaccination aux femmes adultes ?

Bien que la vaccination ne permet pas d’éradiquer les antécédents d’infections par un type d’HPV, la vaccination de femmes adultes (<45 ans) semble les protéger d’une nouvelle infection par d’autre types d’HPV) et permet d’améliorer sa réponse immunitaire.

Sachant que 80% des femmes sont exposées aux virus, il apparaît que la vaccination permet de booster la réponse immunitaire face à de futures infections.

·         Devons-nous proposer la vaccination au garçon ?

Comme vous le savez, la réponse est OUI. Il faut proposer cette vaccination chez les jeunes garçons car outre le fait de les protéger du risque de cancers oropharyngés qui apparaissent vers la cinquantaine, la vaccination permettra de protéger indirectement les jeunes femmes.

·         Devons-nous proposer la vaccination aux hommes ?

Pour répondre clairement à la question, cela nécessite encore des investigations. Cependant, la vaccination semble avoir un effet préventif.

En pratique pour l’officinal

Pour rappel, le schéma de vaccination est basé sur deux doses si l’enfant est âgé de moins de 15 ans (0 et 6 mois ou bien 0 et 12 mois) et de 3 doses entre 15 et 19 ans ou si HPV+ (0,6 et 12 mois).

Enfin, il est souvent intéressant au comptoir de coupler la dispensation d’une contraception d’urgence avec un questionnement sur la vaccination HPV. Cela permet souvent de remettre l’accent sur l’intérêt de la vaccination.
2019-09-29T17:21:49+00:00