Que vous apporte le congrès ESMO ? La réponse d’un jeune pharmacien hospitalier spécialisé en cancérologie

Aujourd’hui, nous interviewons Dr. Wakil Azouza, pharmacien hospitalier à l’hôpital privé Arnaud Tzanck (Mougins, Alpes Maritime) qui s’occupe de la partie oncologie ; il participe pour la première fois à l’ESMO et nous fait de ses impressions sur le congrès.

Pourquoi es-tu venu à l’ESMO cette année ?

L’ESMO est le congrès qui fait rêver tous les passionnés d’oncologie car tous les spécialistes européens et mondiaux s’y retrouvent.

Qu’attendais-tu de l’ESMO ?

J’attendais avec impatience les résultats de certaines études cliniques auxquels nous participons dans notre établissement.

Les avoir en avant-première ici me passionne. Et pour certains traitements que nous avons en ATU, obtenir les survies sans progression, nous confirment notre démarche pour ces patients que nous suivons.

Pour quelles indications attendais-tu des résultats ?

Pour les cancers de l’ovaire, les anti-PARP représentent une nouvelle approche, révolutionnaire basée sur 3 molécules dont deux que nous utilisons en routine ; historiquement dans les cancers de l’ovaire en rechute, et maintenant en première ligne.

Ces résultats vont changer nos pratiques notamment dans le cancer de l’ovaire pour ces traitements qui sont disponibles en ville : l’olaparib LYNPARZA® et niraparib ZEJULA® qui vont traiter beaucoup de patients car ils remontent dans les lignes (en 1ère ligne dans les cancers de l’ovaire en stade 3 et 4).  Le suivi de la toxicité hématologique assez fréquente (diminution des plaquettes ; à risque d’hémorragie) nécessite un suivi pour les arrêter à temps et baisser les doses.

Et dans les cancers du poumon métastatique non à petites cellules, en première ligne, l’osimertinib TAGRISSO® (anti-EGFR ; disponible en ville) avec ses résultats de survie globale plus importante étaient attendus comparé au gefitinib et erlotinib.

Que peux-tu retranscrire comme information pour les pharmaciens d’officine ?

L’ESMO nous donne un temps d’avance et nous permet d’anticiper sur des molécules dont nous n’avons pas le remboursement ni l’indication dans les AMM.

Cela permet d’éviter au pharmacien de ville de mettre au remboursement un médicament dans une indication hors AMM, même si la survie globale sans rechute est très importante.

Et puis ce rôle de vigie, en soins de support, en tant qu’officinaux  afin de bien suivre les effets secondaires en lien avec les hospitaliers…

C’est bien l’intérêt pour ces thérapies orales avec le risque de non-observance qui justifie ce rôle du pharmacien ; la littérature prouve le bénéfice du contact humain qui augmente l’observance en les aidant, en les prenant en management très tôt ; qui augmente l’efficacité en bien gérant les effets secondaires.

Grâce aux outils disponibles que fournissent les sites telles que les fiches produits d’aide à la dispensation et puis les liens que nous créons entre pharmacien hospitalier et en ville, on peut s’appeler et échanger et faire bénéficier du recul que nous avons sur ces molécules. Cela rassure l’oncologue qu’un réseau décloisonné accompagne les patients.

Nous, à l’hôpital, nous avons besoin des remontées des informations que vous avez en ville. Chacun de nous a une moitié d’information ; mettre en place ce lien permet d’avoir une prise en charge optimale.

Fv.

2019-09-30T11:41:38+00:00