Médecines complémentaires : des résultats disparates

Comme chaque année, nous nous sommes intéressés au sujet des médecines complémentaires (CM). Elles sont le quotidien d’une majorité de personnes atteintes de cancer, certaines sont devenues des incontournables dans la prise en charge des soins de support et d’autres sont largement décriées. Une nouvelle fois, certains orateurs ont fait l’amalgame entre médecines complémentaires et médecines alternatives polluant ainsi la discussion sur certains sujets.

  • L’usage de CM : quel impact sur la survie globale des patients ?

Une analyse rétrospective a été réalisée par une équipe canadienne sur l’usage des CM à partir de 6 études de Phase III regroupant plus de 3700 patients. L’objectif est d’évaluer leur impact sur la survie des patients dans différentes localisations tumorales.

Parmi les CM utilisées, on retrouve la phytothérapie et les produits naturels, la supplémentation diététique, les huiles de poisson et la glucosamine dans le Top 5 puis les médecines traditionnelles, le Co-enzyme Q10, les anti-oxydants, l’homéopathie….

Les résultats montrent qu’il n’y a pas de différence entre les utilisateurs de CM ou non sauf dans les cancers bronchiques non à petites cellules avec une amélioration significative de la survie pour les utilisateurs de CM. Loin de tirer une quelconque conclusion de ce type d’analyse, cela permet juste de remettre l’accent sur la nécessité  pour les soignants (notamment le pharmacien) d’interroger les patients sur l’usage des CM afin de vérifier le risque d’interaction ou bien de promouvoir l’usage de certaines pratiques comme l’activité physique.

  • Un usage répandu pour des effets délétères

Une étude prospective tunisienne a évaluée pendant 6 mois chez 223 patients, la prise de deux plantes le corossol (annona muricata) et l’alenda (ephedra alata). L’objectif est d’évaluer le risque d’effets secondaires et l’impact potentiel sur la survie globale des patients. 50% des patients avaient un cancer du sein et 43% étaient traités pour un cancer avancé. 97 pts prenaient ces plantes versus 126 pts naïfs. Les résultats de cette étude sont intéressants car ils montrent une réduction significative de la survie globale chez les patients consommateurs de plantes et l’apparition de troubles digestifs, hépatiques, thrombocytoses et leukocytoses.

2019-09-30T10:52:05+00:00